"Il faut vivre au présent, laisser le futur aux rêveurs et le passé aux morts."

  "Il faut vivre au présent, laisser le futur aux rêveurs et le passé aux morts."



E.L.I.O.T.T.E




# Posté le jeudi 23 avril 2009 13:19

Modifié le dimanche 15 novembre 2009 09:38

Tentons d'expliciter brièvement le mot être. Quand nous disons “être”, que disons-nous ? Qu'est-ce que ça veut dire ?

           Tentons d’expliciter brièvement le mot être. Quand nous disons “être”, que disons-nous ? Qu’est-ce que ça veut dire ?
"Il nous arrive d'oublier ce qui est en jeu dans la question ! Le nietzschéen dira : “ce qui est en jeu, ce n'est pas le sens de l'être, mais le sens de la vie”. Alors que le kierkegaardien dira : “ce qui est en jeu c'est le sens de la vie, assimilé à l'existence”. Mais cet être que nous sommes, depuis quand est-il doté de la dignité de personne ? Depuis quand est-il sujet de droit naturel ? “L'embryon est-il sujet de droit ?”, s'interrogeait récemment René Frydman.

Être, c'est d'abord un verbe, qui affirme la réalité actuelle d'une existence. On dit d'un être quelconque, d'une chose ou d'un homme : “il est...”, et du coup on relie le sujet “il” au prédicat, “bizarre” par exemple. Être unit et sépare. Chaque fois que nous tentons d'énoncer ce qu'est l'être qu'on veut définir, nous commençons par dire : “C'est”. Si l'on veut définir l'être on dira : “L'être, c'est”, et du coup on construit un cercle vicieux en utilisant un terme qu'on veut définir !

L'être c'est le substantif qui fonde la métaphysique. La métaphysique, ou l'ontologie, n'est rien d'autre que la science générale de l'être. Parménide et d'autres sages de la Grèce antique ont affirmé dans un bel élan que “L'être est”. Bien. Mais qu'est-ce qu'il est ? qu'est-ce que l'être est ? Le mot être nous porte à dire de lui qu'il désigne ce qu'il y a de plus commun, l'horizon sur lequel se profile toute existence, de la gazinière au chanteur lyrique, du vent comme de l'eau, tous ont en commun d'être. Mais chacun dispose de qualités particulières qu'on énonce pour le désigner. Et plus on en énonce et plus on s'éloigne de l'idée universelle qui fait de cet être ce qu'il est, la gazinière définie par le concept auquel se rattachent toutes les gazinières et le chanteur lyrique par le concept auquel se rattachent tous les chanteurs lyriques. C'est ainsi que Hegel voulant sortir de cette dificulté en est finalement venu à dire que “L'Être est identique au non-être”, prétextant, pour ce qui est de Dieu, que Dieu est l'être le plus indéterminé qui soit et que l'être le plus indéterminé étant le néant, Dieu est néant ! Cette dialectique a fait du devenir le nouveau mode d'être du réel. Sartre résumait : “être et se faisant être ce que l'on s'est fait”. Heidegger identifiait l'être humain comme projet au devant de soi, et Henri Maldiney, philosophe français dont le champ de réflexion se concentre sur les maladies mentales, rapporte qu'un homme qui abandonne tout projet enclenche l'abandon de la vie.

Le mot être a une racine qui signifie ce qui est debout, en tension, prêt à se mouvoir. L'étant, participe présent, c'est le mouvement qui s'est terminé, au stade du repos. L'être est acte, Energeia, en travail, dynamis.

Dans sa thèse Martin Heidegger a montré que l'être et le temps ne peuvent être séparés. Au lieu de penser le temps à la manière des physiciens, comme la mesure du changement selon l'avant et l'après (Aristote), Heidegger s'efforce de montrer que la temporalité est constitutive de notre propre être et participe au concept de l'être. Surgit l'idée clé : le temps est l'horizon de l'être. C'est à la lumière du temps que l'être se comprend."



# Posté le samedi 08 août 2009 15:27

Modifié le vendredi 20 novembre 2009 13:41




# Posté le samedi 08 août 2009 15:25

Modifié le samedi 14 novembre 2009 11:15